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Vers un profil couleur universellement utilisable

techniques de presse : ISO 12647-3:2005, la norme pour le processus d’impression offset des journaux définit un engraissement indépendant du processus. Le profil couleur Ifra ISOnewspaper26v4.icc a été élaboré en tenant compte des recommandations ISO. Ce profil est-il largement utilisé ?

Uwe Junglas : Depuis le lancement du profil ISOnewspaper26v4, en juillet 2004, plus de 5 000 journaux et agences de publicité ont téléchargé ce profil sur le site de l’Ifra et nous avons encore aujourd’hui une cinquantaine de téléchargements par semaine. L’utilisation dépend beaucoup des pays et de la taille de l’agence de publicité. Les grandes agences n’ont pas de problème à l’utiliser ; elles comprennent ce qu’est la gestion de la couleur. Mais c’est plus difficile pour les agences de petite taille et souvent les journaux doivent effectuer des modifications ou les aider à obtenir de meilleurs résultats. Nous travaillons avec les fournisseurs prépresse pour qu’ils incluent ce profil dans leurs applications. Certains l’ont déjà intégré comme AGFA, OneVision, Adobe Acrobat, mais il manque toujours dans Photoshop, par exemple.

tdp : Plusieurs profils ont été utilisés jusqu’en 2004. Parmi eux, certains introduits au niveau national par l’Ifra : QUIZ (Allemagne), CINCO (Espagne), CQ2 (Italie), KWIK (Pays-Bas), ICONS (Inde) et ACER (Amérique latine). Peut-on parler aujourd’hui d’un profil international ?

Uwe Junglas : Depuis le début des années 90, l’Ifra sort des profils ICC. Pendant la période de projets de standardisation que vous mentionnez, nous avons attribué les noms des projets aux profils. Au début, les profils étaient différents, puis les différences entre les divers pays se sont amenuisées. Nous avons alors donné au profil un nouveau nom et avons introduit avec la version 4 le profil ISOnewspaper26v4.icc. L’ISO fixe un espace colorimétrique idéal auquel se réfère ce profil. Théoriquement si le journal travaille selon la norme, toutes les agences de publicité et la production dans son ensemble (photos et graphiques rédactionnels) peuvent générer des images et annonces de qualité. Nous avons également introduit un profil pour les États-Unis, basé sur les mêmes données de caractérisation mais avec une valeur d’engraissement de 30 %. Nous avons aussi établi un profil spécial pour le marché indien qui souhaitait des images plus saturées.

En raison de l’utilisation accrue du CTP aux États-Unis, l’engraissement moyen diminue. En octobre 2006, le comité SNAP a changé les recommandations pour passer à 30 % à 26 % d’engraissement, valeur recommandée par l’Ifra. Nous avons aussi constaté que les différences dans les valeurs tonales (données de caractérisation) s’amenuisaient. Nous travaillons aujourd’hui à un profil valable dans le monde entier.

tdp : Le profil ISOnewspaper26v4 implique de travailler avec le GCR, ce qui est une bonne chose. Mais le niveau que vous fixez dans le profil n’est-il pas ambitieux ?

Uwe Junglas : Le remplacement de la composante grise ou composition achromatique (GCR) est déterminant pour la stabilité des couleurs en impression. D’autres effets intéressants du GCR sont l’économie d’encre, donc une réduction des coûts de production et une réduction du temps de mise en route de la rotative et donc une baisse de la gâche. Ces avantages, réduction des coûts et meilleure qualité, incitent à être ambitieux dans l’usage de la méthode GCR. Pour mémoire, chaque superposition de trois couleurs chromatiques (cyan, magenta, jaune) implique un pourcentage de gris. Ce pourcentage est le même pour chaque couleur chromatique. Par exemple, si vous superposez 40 % de cyan, 50 % de magenta et 20 % de jaune, le pourcentage de gris sera de 20 % pour chaque couleur chromatique. Au lieu des 20 % de chaque couleur chromatique, il est aussi possible d’imprimer du noir. Et l’avantage est que – si c’est appliqué à l’image dans son ensemble – vous aurez besoin de moins d’encre couleur. Le résultat est une augmentation de la consommation en encre noire et une réduction de la consommation des couleurs chromatiques. Voir également le Special Report de l’Ifra 2.16 (1996), « Possibilités et limites de la composition achromatique appliquée à la presse ». Il a même été prouvé qu’il est possible dans la plupart des cas de réduire les variations de couleur et les variations de teinte en impression de 50 %.

Dans le profil ISOnewspaper26v4.icc, le GCR est ‘intégré’ et a permis aux journaux d’économiser des millions d’euros ces dernières années. Certains logiciels proposent de baisser la consommation d’encre en réduisant la composante grise. Ceux qui n’ont jamais utilisé le GCR feront une grosse économie. Si vous utilisez déjà le profil ISO, les économies seront moins grandes, mais vous pourrez quand même réduire vos coûts en encres. Mais attention avec la méthode GCR, il s’agit de bien la tester et de l’appliquer à toutes les étapes de production.

tdp : Pourquoi existe-t-il toujours des problèmes de production à votre avis ?

Uwe Junglas : La norme relie entre eux les processus de production qui souvent travaillent indépendamment les uns des autres et ont leurs propres objectifs qualité. Imaginez que vous ayez une usine de produits chimiques et que la production repose sur six étapes différentes. Vous vous concentrerez alors sur le produit final et vous ajusterez vos processus pour obtenir ce résultat final. En production de journaux, nous ne nous concentrons pas assez sur le produit final. L’élément clé est de relier toutes les étapes de production et de suivre le guide (la norme). Nous avons réalisé tant de projets qualité à l’Ifra ; c’est pourquoi nous savons que si vous suivez consciencieusement toutes les étapes, cela marche partout dans le monde quels que soient vos équipements et consommables.

Page first published: 12.04.2007

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