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Article from iframagazine.com
Interview de Gary M. Suisman et d’Austin Ryan, du Journal & Courier à Lafayette
Le format berlinois est un nouveau format de journaux aux Etats-Unis et le Journal & Courier à Lafayette, dans l’Indiana, aux Etats-Unis, a été le premier à l’adopter. techniques de presse s’est entretenu avec Gary M. Suisman, président et éditeur du Journal & Courier, et avec Austin Ryan, vice-président pour la production de la division journaux de Gannett, sur la raison de cette décision et les premières expériences avec le nouveau format.
techniques de presse : Le Journal & Courier est le premier journal des Etats-Unis à avoir opté pour le format berlinois. D’autres journaux ont à la place réduit leur laize ou, dans certains cas, sont passés au format tabloïd. Pourquoi avez-vous choisi le berlinois comme nouveau format ?
Gary M. Suisman : Nous avions besoin d’une nouvelle rotative et Gannett voulait tester ce format. Le berlinois était attrayant parce que nous voulions garder le format broadsheet traditionnel avec l’organisation des cahiers qu’affectionne notre petite communauté. Une fois le format évalué par nos groupes de travail, nous avons décidé que le format berlinois était pour nous la voie à suivre. La réaction a été majoritairement positive.
Austin Ryan : Nous avions observé que le format berlinois gagnait du terrain sur les marchés européens et Lafayette offre un marché adapté à ce format. Le marché de Lafayette (ville universitaire) présente en effet une démographie très variée en termes d’âges et de catégories de revenus.
tdp : Quel est selon vous le principal avantage du format berlinois par rapport au tabloïd (moitié du broadsheet )?
Austin Ryan : Le plus gros avantage est essentiellement l’organisation traditionnelle des cahiers du broadsheet, que l’on peut en production obtenir grâce à un simple passage de rotative.
tdp : N’était-ce pas un risque d’adopter un format qu’aucun autre journal du pays n’adoptait à ce moment-là ?
Austin Ryan : Sur la base des retours d’informations de nos groupes de travail, le passage au format berlinois était un pari peu risqué. Ce n’était pas tellement différent des autres journaux de Gannett qui passaient à une laize de 48 pouces ou à une longueur de coupe de 21 pouces. Et chaque marché réagit différemment.
tdp : Quelles sont vos expériences avec le nouveau format jusqu’à présent ? Comment ont réagi les lecteurs ? Le format leur importe-t-il beaucoup ?
Gary M. Suisman : L’expérience est positive. J’ai plus souvent entendu la phrase : « J’aime le journal » au cours de l’année dernière que dans mes 28 autres années d’activité dans la presse. Certains lecteurs l’ont moins accepté au départ, mais la plupart nous disent que les autres journaux leur semblent maintenant trop grands et peu maniables.
tdp : Le Journal & Courier a-t-il modifié son approche journalistique, son style d’écriture et sa présentation pour s’accommoder du nouveau format ?
Gary M. Suisman : Oui, dans certains cas. Nous introduisons davantage de ce que nous appelons des formes de récit alternatifs, avec des articles d’actualité plus brefs et plus ciblés sur des informations de dernière minute. Nous publions également des articles combinés à des graphiques – plus parlants pour raconter un événement. Les lecteurs semblent apprécier le fait d’obtenir ce type d’informations plus rapidement. Mais il est important de noter que nous faisons aussi du journalisme d’investigation, avec des articles plus longs. Et les sujets plus importants sont toujours plus développés.
tdp : Comment le changement de format a-t-il affecté la publicité ? Avez-vous aussi modifié les tarifs publicitaires pour refléter la réduction du format de page ?
Gary M. Suisman : La réaction des annonceurs a été très positive. Côté publicités commerciales, les revenus publicitaires sont passés d’une baisse de 10 % à un taux de croissance à 2 chiffres sur certains mois. Une part des gains peut être attribuée à la conversion de la typographie à l’offset (consécutive à la nouvelle rotative). Mais il y a d’autres journaux (de Gannett) qui ont franchi le même pas, de la typo à l’offset, sans constater la même hausse de revenus publicitaires pour les publicités commerciales.
Quant aux tarifs publicitaires, nous ne faisons plus payer un prix standard par pouce mais des tarifs par modules basés sur le pourcentage de la page qu’occupe l’annonce. Nous avons passé beaucoup de temps à collaborer avec notre personnel publicitaire pour formuler ces tarifs. Nous n’avons pas baissé les prix.
tdp : Le format berlinois pose-t-il des problèmes quant à la manière de traiter les annonces standards ? Si vous devez convertir une annonce (pour qu’elle s’adapte au format berlinois), est-ce la responsabilité du Journal & Courier ou de l’annonceur/agence de publicité ?
Gary M. Suisman : Ce n’est pas un problème. Nous traitons chaque cas séparément. Dans certains cas, nous avons adapté l’annonce (pour qu’elle s’adapte au nouveau format) et dans d’autres, c’est l’annonceur/l’agence qui l’a fait.
tdp : Imprimez-vous désormais d’autres produits en dehors du Journal & Courier ?
Gary M. Suisman : Nous commençons en effet à produire d’autres travaux que notre produit principal. En mai, nous avons commencé à imprimer des hebdomadaires produits par Community Press (une autre division de Gannett) dans la banlieue de Cincinnati, dans l’Ohio. Ces journaux ont une diffusion de 280 000 exemplaires et font partie de la société Cincinnati Enquirer. (NDLR : Cincinnati est à environ 250 km de Lafayette). Ces journaux sont passés au format berlinois lorsque nous avons commencé à les imprimer et la réaction des lecteurs est pour l’instant très bonne. Nous n’avons pas cherché à imprimer d’autres travaux commerciaux de façon à nous concentrer sur notre produit phare et parce que nous savions que nous allions imprimer les journaux de Community Press. Nous avons reçu d’autres demandes d’impression, mais elles coïncidaient toutes avec la fourchette horaire d’impression des titres de Cincinnati.
tdp : Gannett possède beaucoup de journaux et certaines rotatives vont sans doute devoir être remplacées au cours des années à venir. Envisagez-vous d’étendre l’implémentation du format berlinois à d’autres titres ?
Austin Ryan : Sur la base du marché et de ce qui est produit actuellement, nous envisagerons certainement le format berlinois là où ce sera approprié.
tdp : Pouvez-vous imaginer que le format berlinois devienne un format standard aux États-Unis ? Quels seraient les avantages d’une telle évolution ?
Austin Ryan : À long terme, oui. Mais il existe encore de très jeunes rotatives qui impriment des journaux. Je crois que le format berlinois offre un format très convivial pour les lecteurs de produits imprimés en général – pas seulement pour les journaux. Mais ce n’est pas le seul avantage. La taille du format berlinois permet également de réduire les coûts des consommables, un aspect essentiel pour les imprimeurs.
Interview menée par le correspondant de l’Ifra, Chuck Moozakis.
Page first published: 29.05.2007
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