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Interview de Sacha Wigdorovits, fondateur de .ch

Sacha Wigdorovits
Administrateur délégué de Media Punkt AG, Zurich

techniques de presse : Vous voulez lancer un nouveau gratuit sur le marché suisse le 19 septembre : « .ch ». Quelles chances comptez-vous avoir vis-à-vis de vos concurrents sur le marché de la presse suisse ?

Sacha Wigdorovits : En tant que gratuit, nous n’avons qu’un seul concurrent, 20 minutes, et nous comptons sur une coexistence. Les journaux payants peuvent aussi être considérés comme concurrents jusqu’à un certain degré. Nous pensons qu’il n’y aura pas de concurrence acharnée en ce qui concerne le lectorat, mais que le marché s’élargira. En revanche, dans le domaine de la publicité, il y aura certainement une concurrence acharnée qui touchera principalement au début les journaux régionaux.

Nous n’avons pas mené d’études approfondies, juste des sondages auprès de petits groupes de catégories d’âge différentes. Le sondage portait surtout sur le nom (nous avions encore une alternative pour le nom) et le logo. 80 % des interviewés ont voté pour .ch.

tdp : Vous pensez donc que le marché suisse pourra adopter un autre gratuit ?

S. Wigdorovits : Le journal n’aura sa place que s’il sait satisfaire les besoins des lecteurs et des annonceurs. Nous pensons que notre produit et notre système de distribution sont très conviviaux et qu’ils sauront éveiller l’intérêt de ces deux groupes. Mais le plus important, c’est le produit lui-même. La diffusion de 430 000 exemplaires au début fait de .ch une plate-forme publicitaire intéressante.

tdp : Sur quel concept rédactionnel repose .ch et quels groupes cibles le quotidien souhaite-t-il toucher ?

S. Wigdorovits : Il existe une nette différence entre les groupes cibles de 20 minutes et de Blick. Nous voulons faire un journal de qualité, pas seulement destiné aux jeunes lecteurs, mais pour un public plus large. Nos groupes cibles sont les personnes de la vie active de 19 à 59 ans. Ce positionnement se retrouve aussi dans la mise en page classique du journal. Notre quotidien sera caractérisé par des contributions régulières de spécialistes renommés dans les domaines de la politique, de l’économie, des sports, de la culture, qui nous permettront de créer notre propre identité.

tdp : Travaillez-vous en coopération avec des partenaires ?

S. Wigdorovits : La majeure partie de notre contenu reposera sur nos propres recherches, contrairement à ce que font habituellement les gratuits compacts, mais nous travaillons bien sûr aussi avec les agences de presse et les fournisseurs de contenu pour le portail en ligne.

tdp : Le journal aura des éditions régionales différentes. Seront-elles encartées ou comment comptez-vous structurer le journal ?

S. Wigdorovits : Il y aura une édition régionale pour chaque grande agglomération autour des villes de Zurich, Berne, Bâle, Lucerne et St Gall. Le produit ne sera pas constitué de cahiers ou de suppléments encartés ; il sera agrafé ou collé. Une mesure permettant d’éviter les salissures (quand des cahiers tombent par terre). Jusqu’à huit pages sur les 32 à 36 prévues au début seront réservées au contenu rédactionnel régional et aux annonces locales.

tdp : Vous avez prévu de livrer à domicile une grande partie de votre diffusion. Mais il ne s’agit pas d’une livraison dans les boîtes aux lettres. Pourquoi avez-vous choisi cette solution ?

S. Wigdorovits : Nous aurions aussi pu opter pour une distribution dans les boîtes aux lettres, mais comme beaucoup de gens sont très pressés le matin, nous avons pensé que ce serait plus pratique pour le lecteur de prendre son journal dans un présentoir placé à l’entrée en quittant la maison. La distribution sera terminée avant 7 heures du matin, pour que les gens qui travaillent – notre groupe cible – puissent prendre le journal qu’ils aillent au travail avec les transports en commun ou avec leur propre voiture. C’est aussi un avantage par rapport à 20 minutes, car nous touchons ainsi les gens qui partent au bureau en voiture, c’est-à-dire les couches plus aisées de la population.

tdp : Comment est financé ce journal qui débute avec une forte diffusion et une grosse équipe rédactionnelle ?

S. Wigdorovits : Des investisseurs privés suisses et des pays frontaliers aident à lancer ce produit. Nous nous donnons entre trois et six ans pour être rentable.

tdp : .ch sera imprimé sur trois sites et distribué dans cinq villes importantes de la Suisse alémanique. Est-il prévu d’agrandir ce réseau à l’avenir ?

S. Wigdorovits : Nous couvrons dès le début toutes les régions de la Suisse alémanique, sauf le sud-est (une partie moins intéressante). Les trois centres d’impression devraient suffire même si la diffusion augmente de façon continuelle comme nous le prévoyons.


Page first published: 27.06.2007

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