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Les gratuits en Allemagne

Joachim Fuhrmann
Membre du directoire
BDZV, Berlin, D

Quand les gratuits arriveront-ils en Allemagne ? Et s’ils arrivent un jour, quelles conséquences cela entraînera-t-il pour les journaux payants ? techniques de presse a interrogé Hans-Joachim Fuhrmann, membre du directoire du BDZV, l’association des éditeurs de journaux allemands.

techniques de presse : Pourquoi le marché allemand en particulier pose-t-il problème pour le lancement de gratuits ? Y aura-t-il un nouveau départ pour eux en 2006 en Allemagne ?

Hans-Joachim Fuhrmann : De manière générale, les gratuits sont toujours problématiques, quel que soit le marché. Ils sont en totale contradiction avec le principe selon lequel le journalisme de qualité a son prix et ne peut donc être donné.

Quant à savoir s’il y aura bientôt pour eux un nouveau départ chez nous, nous verrons bien.

tdp : Mais alors qui réclame des gratuits ? Les éditeurs ? Les annonceurs ? Les lecteurs ?

Hans-Joachim Fuhrmann : S’il y a quelqu’un, alors ce sont plutôt les lecteurs ; mais c’est justement là le problème. Le danger que représente le gratuit pour le journal payant est évident. Ce qui est intéressant est certainement que les gratuits attirent particulièrement les jeunes et incitent même les gens qui ne lisent pas de journaux d’habitude à le faire. Leurs contenus faciles à lire, leur aspect moderne et leur petit format plaisent beaucoup aux jeunes lecteurs. Ces caractéristiques se retrouvent d’ailleurs aussi dans les tablo¿ds allemands tels que 20 Cent, Welt kompakt, News ou Direkt. Néanmoins, ces journaux ne sont pas gratuits, c’est la grande différence.

tdp : Peut-on donc gagner de l’argent en Allemagne avec des gratuits ? Doit-on s’attendre à un effet de cannibalisation ?

Hans-Joachim Fuhrmann : La question qui donne lieu à beaucoup de spéculations est plutôt : Peut-on convertir la publication de gratuits en activité rentable en Allemagne et si oui, dans quel délai ? Jusqu’à présent, l’expérience montre que bien entendu, les journaux établis subissent parfois une cannibalisation à grande échelle. Et tout le monde sait que le gâteau publicitaire ne s’agrandit pas automatiquement lorsqu’un nouveau média arrive sur le marché.

tdp : Quelle stratégie un titre régional traditionnel doit-il adopter pour affronter cette concurrence ?

Hans-Joachim Fuhrmann : Je pense que les éditeurs sont déjà bien armés. Après tout, le thème des « gratuits » ne préoccupe pas les sociétés d’édition depuis hier. En fin de compte, la stratégie à adopter va de soi : Il s’agit surtout d’occuper le marché local voire régional de manière offensive et d’atteindre, par le plus de canaux possibles, le plus de lecteurs voire d’utilisateurs et d’annonceurs possibles grâce à des offres attrayantes.

Interview menée par Charlotte Janischewski

Page first published: 14.11.2005

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