Factiva au Financial Times - Interview de Simon Alterman
Simon Alterman
Vice-président du contenu chez Factiva
Avec une diffusion quotidienne de 435 000 exemplaires, un lectorat réparti dans 140 pays et plus de 500 journalistes travaillant quotidiennement à ses versions papier et en ligne, le Financial Times peut à raison se vanter d'être un journal de portée internationale. Pour pérenniser cette position, les équipes éditoriales du journal doivent pouvoir suivre en permanence les articles de leurs collègues ou concurrents du monde entier. Ils doivent être capables de produire des analyses " à chaud " et de prendre connaissance des articles parus sur le même sujet avec des alertes e-
Selon un communiqué de presse de Factiva, le journal a choisi Factiva.com pour satisfaire à ces exigences, car cette solution permet aussi bien aux correspondants extérieurs de garder le contact avec leur rédaction, qu'aux journalistes des rédactions de suivre en permanence la couverture de leur journal sur tous les sujets brûlants. Une période d'essai de deux mois impliquant 50 journalistes a généré un retour très positif, un journaliste ayant même remarqué que " c'était l'outil idéal pour un correspondant à l'étranger confronté à des problèmes de transmission, doublé d'un formidable outil de recherche. "
Après une phase d'expérimentation réussie, la solution Factiva.com a été présentée lors de sessions de formation organisées et menées par les équipes Factiva sur les sites de New York, Londres, Bruxelles, Chicago, Boston, Mumbay, Pékin et Sydney. Un système d'enregistrement automatique a ensuite été mis en place et dès le premier mois de son implémentation, plus de 70 % du personnel de rédaction s'était enregistré au service et 75 % des utilisateurs s'étaient inscrits au service d'alertes e-
On ne dispose pas encore de résultats précis, mais Factiva met en avant les avantages de ses solutions, qui garantissent un rapide retour sur investissement. Les utilisateurs, quant à eux, soulignent la vitesse et la convivialité avec lesquelles la plate-
Interview de Simon Alterman, vice-
A l'annonce de la décision du Financial Times de mettre en œuvre la solution de recherche et d'exploration de données de Factiva, techniques de presse a interrogé Simon Alterman, vice-
techniques de presse : Avec la palette actuelle et le degré de perfectionnement croissant des moteurs de recherche gratuits, comment un service payant peut-
Simon Alterman : Ce qui compte, c'est l'éventail et la qualité des contenus. Les moteurs de recherche standard, contrairement à Factiva, ne sélectionnent pas un contenu cible. Les entreprises et les journalistes représentent une audience très particulière - vous pensez qu'ils vont exploiter toutes les ressources en ligne disponibles, mais ils continuent d'utiliser des sources fiables de médias de renom. Avec la prolifération des médias gratuits, il existe une tendance à verrouiller le " matériel de qualité " derrière des droits d'abonnements. Factiva, contrairement aux outils de recherche gratuits, donne accès à ce matériel disponible sur abonnement.
tdp : Le service de Factiva donne accès à 9000 sources, dont ses " géniteurs " Reuters et Knight-
Simon Alterman : Non, nous n'essayons pas de revendre aux gens leur propre contenu. Cela dit, beaucoup de nos client nous affirment que notre mode de recherche est bien plus efficace que le leur, même en ce qui concerne leur propre matériel.
tdp : Factiva serait donc susceptible de remplacer les archives traditionnelles ?
Simon Alterman : Tel n'est pas notre but et il y a certaines choses que nous ne faisons pas - à titre d'exemple, un journal veut archiver toutes les versions d'un même sujet, nous pas. Là où nous pourrions éventuellement remplacer les archives traditionnelles, ce serait en effectuant des recherches sur ce qui a été publié ailleurs, à des fins de référence. Factiva possède une longue " lignée " - débutant avec Reuters Textline, l'aïeul ayant engendré le Reuters Business Briefing, qui s'est lui-
tdp : Pourriez-
Simon Alterman : Il existe différents modèles de paiement. Vous pouvez choisir de ne payer que ce que vous utilisez, ou conclure un abonnement fixe pour une certaine période de temps et un certain nombre d'utilisateurs. Dans tous les cas de figures, tout est négocié et, si nécessaire, ajusté aux phases du contrat correspondantes. La majorité des journaux commencent par une période d'essai avant de s'engager.
tdp : En quoi l'expérience Factiva est-
Simon Alterman : Si vous voulez effectuer une recherche dans le passé, les moteurs de recherche standard ne sont pas adaptés. Dans Factiva, tout est indexé suivant notre propre taxonomie, permettant ainsi une recherche aisée par société, secteur d'activité, région ou sujet. En outre, la version 2.0 offre de bons outils de visualisation présentant les résultats sous formes de graphiques ou de tableaux : la différence réside donc dans la combinaison entre outils et contenu. Sous la dénomination Factiva Insight, nous proposons divers produits utilisant une application d'exploration de texte pour extraire des tendances, effectuer des analyses et créer des graphiques, et de nombreux journaux utilisent régulièrement ces fonctionnalités pour leurs sites Web. A titre d'exemple, si vous jetez un coup d'œil au site du quotidien Les Echos (www.lesechos.fr), vous constaterez que celui-
tdp : Factiva serait donc un outil de " republication " ?
Simon Alterman : Non, c'est un outil de référence, pas un service de syndication de contenus permettant de les réutiliser et les recommercialiser. Cependant, les pigistes et les journaux peuvent aussi utiliser le service pour vérifier qui publie leurs articles et s'assurer que ces derniers ne sont pas republiés là où ils ne le devraient pas. En outre, Factiva propose une fonctionnalité de suivi et d'alerte permettant une actualisation par e-
tdp : Au terme de sa phase d'expérimentation au Financial Times, Factiva a été implémentée dans toutes les rédactions du journal, avec des sessions de formation organisées de New York à Mumbay. Quel était le degré de complexité de cette formation ?
Simon Alterman : La recherche simple, graphiques et outils de visualisation compris, ne nécessite aucune formation. Et même avec l'interface avancée pour les recherches plus complexes, vous pouvez assimiler les bases de la recherche avec Factiva en une demi-
tdp : Quels sont les avantages techniques de Factiva par rapport aux moteurs de recherche standard ?
Simon Alterman : Les moteurs de recherche de type Google ne sont pas conçus pour étayer le travail ou accélérer les processus décisionnels des utilisateurs d'Internet. Google a créé un nouveau standard de recherche, mais il a également entretenu l'illusion, auprès de ses utilisateurs, qu'il n'existait rien de mieux. Bien que Factiva aussi offre une fonctionnalité de recherche rapide permettant d'obtenir aisément des réponses par simple saisie de quelques mots, nous nous sommes plus concentrés sur la fourniture de résultats de qualité, incluant graphiques et outils de visualisation. Nous proposons également en option une interface plus avancée pour les recherches complexes faisant appel à des opérateurs booléens, sources sélectionnées, etc. Enfin, Factiva possède une bonne interface de programmation d'application lui permettant de s'intégrer facilement à des systèmes éditoriaux installés.
Notre autre point fort par rapport aux moteurs de recherche normaux, c'est notre compétence dans les domaines de la taxonomie et de l'indexation, incluant la gestion des taxonomies multilingues. De plus, face à l'importance croissante prise par l'activité en ligne au sein des sociétés de presse, il devient indispensable que le contenu soit doté de métadonnées correctes pour une éventuelle réutilisation. C'est le type de chose dont personne n'est conscient jusqu'au jour où l'on en a vraiment besoin. Mais pour cela aussi nous proposons l'outil adapté : Synaptica, notre solution pour la gestion des métadonnées.
Interview menée par Steve Shipside, correspondant de l'Ifra
Page first published: 20.04.2006


