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Interview de Maurizio Barucca : Second Life

Maurizio Barucca
responsable du laboratoire d’innovations
Bild. T-Online à Berlin

techniques de presse : Second Life, cette simulation virtuelle de la société, permettant de « vivre une seconde vie », a sept millions d’habitants – combien lisent Avastar, le premier journal de ce monde virtuel ?

Maurizio Barucca : La diffusion se situe dans les cinq chiffres. Elle se développe de façon positive et continue.

tdp : Qui sont les lecteurs ?

M. Barucca : Les habitants ont de 30 à 32 ans, sont très cultivés, très créatifs – les « Early Adopters » (visionnaires) classiques.

tdp : Quels sujets attirent le plus les lecteurs ?

M. Barucca : Les actualités et aussi les pages service. Nous recevons beaucoup de commentaires, par exemple pour la page voyages, ou la page design et style de vie. Les histoires de la vie réelle comme Paris Hilton sont réinterprétées.

tdp : Wimbledon et Paris Hilton étaient des sujets que vous avez couverts en profondeur ?

M. Barucca : C’est juste. Les histoires de la vie réelle sont reprises dans la vie virtuelle. Elles sont cependant traitées de façon différente avec une interprétation distincte. Ça aussi, c’est intéressant pour nous.

tdp :
Comment sont organisées la rédaction et l’entreprise de presse ?

M. Barucca : Nous avons une rédaction à Berlin et beaucoup de contributeurs parmi les « résidents » de Second Life, qui travaillent pour nous. Environ 50 % du contenu du journal est généré par les utilisateurs avec des contributions provenant d’invités ou de Second Life. Mais les contributions sont filtrées, contrôlées et traitées selon les critères de qualité journalistique, puis publiées.

tdp : Ces contributions vous parviennent-elles spontanément ou bien devez-vous les réclamer aux auteurs ?


M. Barucca : C’est un mix. Nous avons une équipe importante de contributeurs parmi les résidents de Second Life avec lesquels nous discutons des sujets à traiter et auxquels nous passons des commandes. En outre, plusieurs personnes nous font des propositions que nous intégrons également.

tdp : Et les publicités dans Second Life ? Les habitants souhaitent-ils consommer ?


M. Barucca : Nous avons à Berlin aussi des gens qui s’en occupent. Les deux mondes sont importants. Nous avons toute une série de produits de marque très connus qui passent des publicités. Une affaire rentable !

tdp : Vous avez aussi un bâtiment impressionnant dans Second Life. Existe-t-il des architectes spécialisés ?

M. Barucca : Bien sûr ! Depuis quelques années déjà. Nous avons travaillé avec Aimée Weber et son équipe, une des équipes les plus importantes de Second Life.

tdp : Pouvez-vous nous donner une indication de votre budget ?


M. Barucca : Non, je regrette.

tdp : Comment effectuez-vous votre marketing ?

M. Barucca : Nous avons des distributeurs de vente sur les îles et un grand réseau de distribution. Nous lançons aussi des actions spéciales : nous sponsorisons des salons et des manifestations dans Second Life et activons le marketing viral par des activités supplémentaires. Nous encourageons le bouche à bouche en mettant des gadgets sur le marché.

tdp : C’est donc comme la vraie vie ?


M. Barucca : Oui, c’est un peu comme la vraie vie. Il faut parler avec les propriétaires des îles pour placer les distributeurs. Chaque île a son propriétaire et il faut le convaincre. Sinon, le journal peut aussi être téléchargé à partir du site Web. Nous avons aussi des lecteurs qui ne sont pas des résidents de Second Life mais s’intéressent beaucoup à ce monde virtuel. Pour nous, c’est comme un laboratoire test dans un monde en trois dimensions. Et nous pouvons imaginer encore beaucoup d’expériences possibles. Mais il est trop tôt pour en dire davantage.

Page first published: 10.07.2007

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