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Marek Kostrzewinski à propos de son expérience en Inde

Marek Kostrzewinski, ingénieur en impression chargé de la commande de la production, Rheinisch-Bergische Druckerei, Düsseldorf, Allemagne.

IFRA : Parlez-nous un peu de vous. Quel âge avez-vous ? D’où venez-vous ? Quelle est votre formation professionnelle ? En quoi consiste votre travail à l’imprimerie Rheinisch-Bergische Druckerei ?

Marek Kostrzewinski : J’ai 29 ans. J’ai tout d’abord appris le métier d’imprimeur sérigraphe, puis j’ai étudié les techniques d’impression et de production des médias à Wuppertal (Bergische Universität Wuppertal). À l’imprimerie Rheinisch-Bergische Druckerei, je m’occupe de la planification et de la commande de la production. Pendant la journée, mon travail consiste à planifier la production tandis que, la nuit en cours de production, je joue un rôle d’interface entre les différents services. Il s’agit alors de coordonner et de surveiller le processus. Mes collègues et moi, nous sommes responsables de la production et devons prendre les mesures qui s’imposent en cas de problèmes.

IFRA : Quelles sont les principales différences entre les techniques et les méthodes de travail que vous utilisez à Düsseldorf et celles de l’imprimerie qui produit le journal The Hindu ?

Marek Kostrzewinski : La principale différence réside dans le degré d’automatisation. En Inde, le personnel est plus nombreux. Cela tient au fait que la main-d’œuvre y est moins chère. La décision d’investir dans des machines ou d’engager du personnel relève d’un simple calcul. D’un point de vue technique, la principale différence est que les Indiens utilisent des machines heatset (rotatives de presse équipées de sécheurs). La salle d’expédition de l’imprimerie du journal The Hindu est plus petite que la nôtre. En Inde, le marché des encarts n’est pas aussi développé qu’en Allemagne ; il n’y a donc aucun tambour d’encartage. C’est l’une des principales différences par rapport à notre salle d’expédition très imposante.

IFRA : Est-il possible de comparer votre travail au Rheinische Post avec celui de vos collègues indiens ? Avez-vous davantage ou moins de responsabilités et de pouvoir de décision ?

Marek Kostrzewinski : Du point de vue des responsabilités, nos fonctions sont comparables. Pendant la production, nous sommes tous les deux responsables des décisions que nous avons prises. Mais la journée de travail s’organise différemment : en Inde, les ingénieurs participent aussi aux travaux d’impression et sont responsables de l’entretien des machines. Ils mettent vraiment la main à la pâte tandis que nous accomplissons plutôt des tâches administratives et des travaux de planification. Ils n’ont pas vraiment besoin de planifier car les éditions ne sont pas nombreuses. Une fois que la production d’une édition est terminée, la machine est tout simplement préparée pour recevoir la suivante. Ils ont un plan très régulier pour les produits préimprimés. D’une semaine sur l’autre, le plan de production est toujours le même. Chez nous en revanche, il y a pas mal de produits spéciaux qui doivent être planifiés séparément. Nous recevons aussi des commandes d’autres sociétés alors que l’imprimerie indienne n’imprime que ses propres produits.

IFRA : Dans quels domaines vos compétences ont-elles été les plus utiles en Inde ?

Marek Kostrzewinski : Au cours des premières semaines, j’étais surtout là en observateur. On m’a montré et expliqué l’ensemble du processus de production. Je n’ai donc pas pu m’investir beaucoup. Puis dans l’imprimerie, j’ai mené à bien un petit projet qui consistait à analyser les casses de bande pour déterminer les possibilités d’amélioration et l’origine des différents problèmes. Ce faisant, j’ai pu les faire profiter de mon expérience des bases de données et leur montrer comment on effectue des analyses et élabore des statistiques. Nous ne procédons pas de la même façon que nos collègues indiens. Ils disposent certes d’une bonne collection de données, mais l’utilisent très peu.

IFRA : Dans quel domaine avez-vous appris le plus et qu’est-ce qui était le plus intéressant ?

Marek Kostrzewinski : Le plus intéressant pour moi a été bien entendu le procédé heatset que je ne connaissais pas encore. Pour le reste, les différences ne sont pas aussi importantes que ce que je pensais au départ. Exception faite de l’automatisation, tout se déroule de manière très similaire.

IFRA : À quoi vous attendiez-vous en Inde avant de vous y rendre, du point de vue du travail, des gens et de la culture en général ? Votre expérience est-elle venue confirmer vos prévisions ?

Marek Kostrzewinski : J’ai un très bon ami indien et j’ai déjà eu des voisins indiens. J’avais donc une petite idée. Je ne veux pas dire de la culture, mais de la mentalité des Indiens. À part ça, je n’avais pas d’attentes particulières. J’ai plutôt laissé venir les choses. Je voulais me faire ma propre idée sur place. Je ne voulais pas me laisser trop influencer par de quelconques articles. Mais j’ai été très agréablement surpris par les gens là-bas, leur hospitalité et leur serviabilité. Cela a été une bonne expérience.

IFRA : Avez-vous eu des contacts avec vos collègues indiens en dehors du travail ?

Marek Kostrzewinski : Oui, je me suis fait beaucoup d’amis. Nous sommes également sortis le soir ensemble. Ils m’ont par exemple fait visiter la ville, m’ont emmené à des concerts avec leur famille ou m’ont invité à dîner chez eux.

IFRA : Avez-vous souffert du climat ?

Marek Kostrzewinski : Le climat a été en fait le plus gros problème que j’ai eu. Cela n’a pas été facile de travailler à des températures allant jusqu’à 40 degrés avec une humidité de 80 % dans la salle des rotatives. Même au bout de trois mois, on ne s’y habitue pas.

IFRA : Pensez-vous que cet échange entre The Hindu et le Rheinische Post peut servir d’exemple à d’autres journaux et les inciter à mener un programme de ce genre ? Est-il, à votre avis, utile d’intensifier ce type de collaboration internationale ?

Marek Kostrzewinski : C’est utile, pour sûr. Mais j’ai l’impression – et Panchaksharam Mohanraj est du même avis – qu’il n’y a pas grand-chose à tirer d’une telle expérience sur le plan technique. Elle est surtout intéressante pour l’épanouissement personnel. Il est important de voir plus loin que son bout du nez, de voir comment on s’y prend dans d’autres régions du monde et ce que l’on peut copier. À cet égard, j’ai beaucoup profité de mon voyage.

IFRA : Qu’est-ce que vous avez ramené de plus précieux ?

Marek Kostrzewinski : Les amis que je me suis faits là-bas sont ce qu’il y a de plus précieux pour moi. Je suis persuadé que cette amitié durera encore longtemps.

IFRA : Si vous en aviez l’occasion, participeriez-vous de nouveau à un programme d’échange ?

Marek Kostrzewinski : Bien sûr. Cela a été pour moi une expérience que je ne regrette pas et que je suis prêt à renouveler. Il ne peut pas faire beaucoup plus chaud ailleurs. Je suis donc ouvert à toutes les propositions.

Page first published: 07.05.2009

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