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Interview d'Ed Roussel, rédacteur en chef des activités numériques du Daily Telegraph

Ed Roussel, rédacteur en chef des activités numériques du Daily Telegraph

techniques de presse : Quels sont les liens entre les activités numériques et celles de l’imprimé au Daily Telegraph ? Vous êtes bien dans la même pièce maintenant ?

Ed Roussel : Les liens sont très étroits. Nous sommes passés par une phase d’intégration extrême et du point de vue géographique nous sommes maintenant tous dans un grand espace ouvert. Par exemple, les personnes qui s’occupent des actus sportives en ligne sont assises à côté de ceux qui couvrent le sport pour le journal imprimé… Nous sommes tous ensemble et la façon de travailler n’est plus qu’affaire de routine, surtout pour les informations importantes, les grands événements. Nos reporters de la rubrique Sport du journal alimentent aussi le site Web quotidiennement. Question de routine.

tdp : A-t-il été difficile d’ajuster le workflow ?

E. Roussel : Oui, et ça l’est toujours. Il nous a d’abord fallu persuader les journalistes que c’était la seule chose à faire et que la santé de notre société de presse passait par un puissant site Web, qu’il était erroné de miser sur un site Web faible en espérant que les gens achèteront alors le journal parce qu’ils n’ont pas pu accéder au contenu en ligne.

Donc premièrement, il s’agissait de gagner la confiance et l’accord des journalistes. Je pense que cela a été acquis au début de l’année 2006. La prochaine étape était de faire en sorte que cela fonctionne et nous nous concentrons là-dessus depuis les six derniers mois.

Il faut s’assurer d’avoir une équipe dédiée aux nouvelles de dernière heure capable de traiter ces nouvelles où qu’elles se produisent et d’écrire rapidement 150 à 250 mots pour le contenu en ligne. Il s’agit aussi de passer le message aux reporters dont c’est le domaine de prédilection pour qu’ils alimentent le Web non pas en écrivant 100 mots dans les 10 minutes à suivre mais en rédigeant quelque chose de plus consistant et réfléchi dans l’heure qui suit.

tdp : Constatez-vous de gros changements depuis que vous êtes tous ensemble ? Cela aide-t-il vraiment ?

E. Roussel : Oui, c’est un grand changement… l’agencement de l’espace ouvert a immédiatement provoqué une amélioration de la qualité du site Web.

Deux choses sont primordiales : nous pouvons mieux juger de l’importance des infos, car tous les experts sont assis autour du noyau central et peuvent argumenter, dire qu’il faut absolument mettre l’info en ligne immédiatement et ce genre de conversation n’aurait pas été possible avant. Et quand nous avons une info de dernière minute, elle est facile à mettre tout de suite sur le Web car il suffit de se tourner vers l’expert en question qui vous aide à en faire une brève. Une troisième chose, ce sont les diverses idées et initiatives qui sont prises en considération plus facilement : par exemple quelqu’un vous dira : ‘Ce serait super de faire une vidéo avec cette info, parce que je viens de voir des images de CCTV là-dessus’. Donc, nous pouvons mieux juger des infos, le flux des infos s’est également amélioré et les infos ont gagné en richesse.

Cette interview a été menée par Brian Veseling, journaliste de techniques de presse.

Page first published: 16.01.2007

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