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Un JT web qui joue la carte régionale

Olivier Clech
Rédacteur en chef
Le Télégramme de Brest

Available in French and German

techniques de presse : Le Télégramme de Brest a lancé le 18 avril un journal télévisé quotidien (5 jours sur 7) sur son site Internet. Le « JTWeb » dure 5 à 7 minutes. Il est consacré à des informations régionales, préparées par la rédaction et diffusées vers 17 heures. C’est une première dans la presse régionale française. Un mois après le lancement que pouvez-vous dire ?

Olivier Clech : L’accueil a été très positif et nous avions près de 6000 chargements par jour dès la première semaine. L’effet de curiosité a joué à plein sur notre région mais aussi chez les expatriés bretons qui étaient ravis par ce moyen de respirer l’air du pays. Mais nous savons aussi que ce nouveau format d’information demande un marketing spécifique et régulier pour s’installer dans les habitudes de consommation média de notre public. C’est un grand laboratoire de convergence média pour nous. Nos équipes commerciales réfléchissent aussi à la manière d’intégrer ce nouveau format dans leurs offres publicitaires.

Le JTWeb a été décidé fin janvier, le lancement s’est fait en avril. Vous avez été rapides !

Dès l’annonce officielle nous avons lancé un appel à candidatures dans la rédaction. Une dizaine de journalistes se sont déclarés volontaires. Nous avons choisi quatre personnes, tous les candidats étaient légitimes mais notre souci était de donner une représentativité de toute la rédaction. Nos quatre volontaires, trois filles et un garçon, sont issus du supplément culturel, des pages régionales, des pages générales et de la rubrique sport. Un journaliste de télévision, Lionel Buanic, est venu nous aider à monter le projet. C’est l’ancien rédacteur en chef de la télévision régionale TV Breizh. Dès le 5 février il a commencé avec les quatre journalistes et un journaliste reporter d’images (JRI) que nous avons ajouté à l’équipe, à travailler sur le projet éditorial, l’écriture des sujets, l’expression devant une caméra, le montage des sujets. A partir de mi-mars et jusqu’au lancement, l’équipe a préparé des JT en conditions réelles mais non diffusés.

tdp : Quels sont les rapports entre les journalistes du JT et ceux de la rédaction ?

Olivier Clech : Ce JT est un flash d’information vidéo régional qui est réalisé par des gens de la rédaction papier. Nous avons formé des confrères qui sont détachés à tour de rôle de leur service d’origine et ils reçoivent des collègues pour parler de certains sujets. Nous avons beaucoup investi en formation et nous voulons poursuivre cet effort afin que chacun puisse contribuer via ses chroniques ou ses reportages. Pour ne pas perturber le fonctionnement interne, nous avons un journaliste remplaçant qui tourne dans les différents services et remplace le journaliste qui s’absente pour faire le JT. Chacun des quatre journalistes de l’équipe audiovisuelle travaille une semaine par mois pour le JT et regagne son poste habituel le reste du temps.

tdp : Comment se déroule la préparation de ce JT ?

Olivier Clech : Le journaliste en charge du flash d’information participe à conférence de rédaction. Il décide quelles informations il veut utiliser et celle qui fera l’objet d’un reportage du JRI. Vers 10h30, le responsable du JT va vers les journalistes de la rédaction en charge des sujets sélectionnés et collecte les informations, les documents photo, vidéo et voit si un chroniqueur peut commenter une information. Vers 15 heures, le journaliste a écrit ses sujets, il les enregistre et réalise lui-même le montage et l’encodage pour le Web (format de diffusion flash). Le studio, dans la rédaction, comporte deux caméras fixes. Le journal TV est en cohérence avec les sujets qui seront traité dans le quotidien. Il fournit un angle original et constitue un relais vers le papier. Évidemment, nous devons encore gérer au coup par coup le traitement des scoops dans notre zone de forte concurrence média. Mais cela ne remet pas en cause l’heure de diffusion. La fin de l’après-midi est un bon créneau pour le Web, cela correspond à la fin de la journée de travail et c’est suffisamment avant les grands rendez-vous audiovisuels.

tdp : La plupart des journaux craignent la réaction des journalistes. Comment avez-vous géré cela ?

Olivier Clech : J'ai consacré le mois de février à rencontrer et présenter le projet à l’ensemble de la rédaction. Nous avons eu de longues réunions dans toutes nos agences pour parler du projet, de sa philosophie, de la manière dont cela pourrait influer sur leur manière de travailler. J’ai voulu utiliser cette nouveauté comme un levier annonciateur de nouvelles étapes dans le domaine de la convergence des médias. Les réactions étaient positives et les inquiétudes : surcharge de travail, mener de front papier et audiovisuel, notre stratégie globale, la formation… étaient parfaitement légitimes. Nous n’avons pas toutes les réponses aux questions de la rédaction dans cette phase expérimentales mais nous avons un discours que je pense clair : nous expérimentons, progressivement, sur la base du volontariat et en fournissant la formation nécessaire. Dans les semaines qui viennent, nous allons analyser ce que nous faisons, commencer à inclure des interventions locales et poursuivre nos discussions avec les journalistes.

Page first published: 10.05.2007

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