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Roland sans MAN – ou la tendance à l’indépendance des fabricants de rotatives

Manfred Werfel
Directeur de la recherche
Ifra

par Manfred Werfel

Voilà ! Ce que les analystes de l’industrie attendaient depuis longtemps vient d’arriver. MAN se sépare de sa division « impression ». Enfin, ce n’est pas une séparation franche, car MAN garde quand même une importante participation minoritaire de 35 %.

La majorité des parts revient à la filiale de Allianz, ACP, un fonds d’investissement, dont le but n’est certainement pas de fabriquer et de vendre des rotatives de presse. Les sociétés de ce genre gagnent généralement leur argent en rachetant et vendant des moyennes entreprises. Aussi n’est-il pas étonnant que dès le début les cartes ont été mises sur la table : il s’agit d’introduire la division « impression » de MAN en Bourse.

Avant que cela ne se fasse, il faut veiller à ce que MAN Roland soit une société très attrayante pour les actionnaires futurs. Cela implique généralement une augmentation de la rentabilité et une amélioration des perspectives d’avenir.

Il est connu que le secteur offset à bobines a toujours été le point fort de MAN Roland économiquement parlant et que les problèmes se situaient plutôt dans le secteur « feuille ». Ce secteur avait donc été renfloué ces dernières années par la société. Il est intéressant de constater que pour le concurrent Heidelberg la situation était l’inverse et avait conduit à la vente de la division offset à bobines à Goss il y a deux ans.

Les deux sociétés – Heidelberg et MAN Roland – présentent néanmoins une similitude : toutes les deux ont franchi le cap de l’indépendance en se délivrant pour l’une d’une maison mère dominante et pour l’autre d’un gros actionnaire. Les concurrents KBA et Wifag sont des entreprises indépendantes depuis leurs débuts et Goss s’est séparé il y a quelques années de Rockwell au cours d’un processus assez douloureux.

Roland suit donc la tendance en devenant indépendant (sans MAN). Le marché des équipements d’impression a ses particularités et ne peut être comparé à celui de la construction mécanique. Les équipements d’impression sont dans la plupart des cas vendus à des petites entreprises de 20 employés maximum, ce qui est inhabituel en construction mécanique. Le deuxième groupe important de clients consiste en des éditeurs de presse journal et magazine et les grandes imprimeries de labeur sont plutôt l’exception. Il est donc logique pour les fabricants de rotatives d’agir indépendamment de leurs maisons mères afin de pouvoir réagir plus souplement aux demandes spéciales de l’industrie des arts graphiques.

La séparation entre MAN et Roland peut résulter dans une situation bénéfique pour les deux parties, car aussi bien le constructeur mécanique MAN que le fabricant d’équipements d’impression ACP-Roland peuvent maintenant se concentrer sur leurs activités clés. Et il est évident que cela constitue un point positif que les actionnaires apprécient et qui sera honoré par une forte demande en actions à long terme.

Page first published: 23.03.2006

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