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L'impression hybride au Khaleej Times

Le Khaleej Times, le plus vieux quotidien en langue anglaise à Dubaï, a une grande expérience de l’impression hybride : dans sa nouvelle imprimerie, trois des sept tours d’impression ont été équipées de sécheurs à air chaud. Les machines tournent à plein régime et sortent jusqu’à quatre produits préimprimés par jour pour satisfaire la forte demande.

Heinz Anneler est directeur général (technique) chez Galadari Printing & Publishing, la société qui édite le Khaleej Times (80 000 exemplaires) à Dubaï. Lorsqu’il y a cinq ans la société a érigé sa nouvelle imprimerie, on a fait appel à ses compétences techniques et l’a chargé de la direction du projet. Malheureusement, regrette-t-il, les travaux de planification étaient déjà pratiquement achevés et, sur certains points importants comme le dimensionnement de l’imprimerie, les décisions prises étaient irréversibles. Le résultat est qu’aujourd’hui, quatre ans à peine après sa mise en service, l’installation d’impression est exploitée au maximum de ses capacités depuis longtemps déjà et qu’une extension des capacités de production semble inéluctable (adjonction vraisemblable de deux tours d’impression, la place disponible ne permettant pas d’en installer davantage). « À l’époque, on n’a tout simplement pas suffisamment anticipé l’avenir », dénonce Heinz Anneler, « nous en faisons les frais maintenant ».

Outre le quotidien imprimé complètement en quadrichromie, ce centre produit les magazines City Times-Sports (tous les jours), Motoring (deux fois par semaine) et Weekend (le vendredi) ainsi que plusieurs suppléments – tous contiennent des pages imprimées en heatset – et les encarte dans le journal. Seuls deux suppléments de petites annonces sont imprimés à 100 % sur du papier journal. Pour le moment, l’encartage des produits préimprimés (quatre au maximum) et des suppléments est entièrement manuel. Jusqu’à 200 personnes s’en occupent dans la salle d’expédition. Si tout se passe comme le souhaite le chef de la production, cette situation devrait prendre fin « l’année prochaine » avec l’installation d’une salle d’expédition entièrement automatique et dotée de tambours d’encartage.

L’imprimerie dispose aujourd’hui de deux lignes de rotatives Cromoman 50 de MAN Roland équipées respectivement de trois et de quatre tours d’impression en quadrichromie (blanchet/blanchet) et de deux demi-tours pour les pages en noir et blanc uniquement qui ne sont toutefois guère utilisées. Ces deux lignes dont l’une est dotée de deux tours heatset et l’autre d’une tour heatset peuvent être utilisées séparément ou simultanément pendant la nuit pour produire le quotidien. Ainsi on dispose en tout de trois rubans heatset pour le Khaleej Times dont deux sont réservés d’une part au cahier principal et d’autre part aux pages intérieures, le troisième pouvant être placé selon les besoins. La vitesse de production de 50 000 exemplaires à l’heure est exploitée à fond. À l’issue de l’extension des capacités de production – Heinz Anneler espère que la décision sera prise dans un avenir très proche – chaque ligne d’impression comprendra en tout cinq tours quatre hauteurs capables d’imprimer en quadrichromie dont deux pour l’heatset et trois pour le procédé coldset. « Il y a urgence à augmenter les capacités d’impression en couleurs pour pouvoir mieux tenir tête à la concurrence sur le marché », explique Heinz Anneler.

Dans cette région du monde, l’impression hybride est monnaie courante et indispensable au Khaleej Times car tous les autres grands journaux la pratique. C’est le marché publicitaire qui donne le ton ici et si on ne veut pas perdre des clients au profit de la concurrence… « Les annonceurs et les agences de publicité raffolent de papier couché et ne veulent plus que ça ! », souligne Heinz Anneler. Les suppléments non négligeables demandés pour des annonces en heatset ne semblent pas dissuader les clients (d’après le barème des prix, un supplément de 100 % est prévu pour les annonces passées dans les pages extérieures de la section économique Business Times). « Tous les jours, nous imprimons entre 30 et 40 pages sur du papier couché et les 16 à 20 pages restantes sur du papier journal. La part de l’heatset avoisine les 70 %. »

Les travaux d’impression n’ayant pas de rapport avec le journal sont plutôt rares. Le marché des encarts publicitaires est en revanche très florissant – pour les centres commerciaux par exemple. Ces encarts sont parfois imprimés la nuit en même temps que le journal dans lequel ils sont ensuite insérés.

Expériences pratiques de l’impression hybride


Au début, nous avons eu des problèmes avec la tension de la bande lors du traitement simultané de différentes qualités de papier via une plieuse commune, avoue Heinz Anneler. Mais nous les avons entre temps résolus. Parfois même nous imprimons un papier de 90 g (pour le magazine du week-end) en même temps qu’un papier de 45 g sans aucune difficulté. (Des problèmes de repérage des couleurs dus à un rétrécissement de la bande de 5 à 7 mm peuvent se poser lorsque le sécheur est utilisé en association avec du papier journal ; il n’y a en revanche aucun problème avec du papier heatset).

Pour produire en heatset, il ne suffit pas d’avoir un sécheur. Des tours de refroidissement et un système de post-combustion sont indispensables. « Pour des raisons écologiques, la post-combustion est importante et la récupération de la chaleur est aussi impérative en Europe ; cette dernière n’est pas encore utilisée chez nous, mais cela viendra certainement ». Pour ce qui est des groupes d’impression, les machines du Khaleej Times ne sont équipées que de deux rouleaux toucheurs pour l’encre. « Il vaudrait mieux en avoir quatre comme sur les machines de labeur. Nous constatons parfois des images fantômes, surtout sur les papiers que nous utilisons pour les magazines, car deux rouleaux toucheurs ne suffisent pas pour bien distribuer l’encre. »

Heinz Anneler conseille aux imprimeries désireuses de se lancer dans l’impression heatset sur des machines coldset d’accorder une attention toute particulière au problème de l’encre. En effet il faut non seulement utiliser deux encres différentes ayant une toute autre consistance (tirant), mais aussi équiper les dispositifs d’encrage de rouleaux toucheurs supplémentaires (quatre au lieu de deux) dans l’intérêt de l’optimisation de la qualité. Il est en outre recommandé de refroidir le rouleau distributeur. « Il est également très important d’humidifier à nouveau le pli, ce que l’on omet souvent de faire sur les machines de presse. Le séchage rend le papier cassant et si le bord du pli n’est pas humidifié à nouveau, le papier peut alors craquer lors du façonnage. »

Page first published: 06.03.2007

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