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Metro : problèmes ponctuels

Christopher Rosenqvist
Expert média
Stockholm School of Economics
Suède

de Christopher Rosenqvist, expert média (ancien vice-président de la production pour Metro International)

techniques de presse : Metro International a annoncé des résultats négatifs pour le premier trimestre 2007 (plus de détails sur www.metro.lu). Les activités en Suède qui, jusqu’à présent, symbolisaient le succès financier du groupe, souffrent. Pensez-vous, comme le dit Pelle Törnberg, PDG de Metro, que ce soit dû à un mauvais management en Suède et à des performances décevantes sur plusieurs marchés (Espagne, France, États-Unis et la suppression de l’édition polonaise) ?

Christopher Rosenqvist : Ces explications sont justes. Ce n’est pas la concurrence en Suède qui est responsable des mauvais résultats. La situation n’est pas pire à Stockholm qu’elle ne l’est à Londres, Barcelone, Paris, New York ou Hong Kong. Ce n’est pas la concurrence qui peut expliquer ces chiffres. Le marché des gratuits continuera de croître à l’avenir et plus de gratuits sont lancés, plus le marché s’agrandira. C’est une bonne chose. Metro n’est plus le seul gratuit d’information sur la plupart de ses marchés, mais son concept global reste unique. Sa force réside dans la culture du groupe Metro International, une façon de travailler, de penser. Metro comprend très bien les marchés et a aussi la chance de pouvoir établir des évaluations comparatives basées sur ses différentes opérations dans le monde entier (plus de 100 éditions dans 20 pays). Et c’est ­cette masse d’expériences et de connaissances qui le rend supérieur à ses concurrents.

tdp : Pelle Törnberg va quitter la société cette année. Il a toujours été la force motrice du rapide développement international. Ce départ aura-t-il un impact sur l’avenir ?

Christopher Rosenqvist : Une des leçons que j’ai apprises quand j’ai travaillé à Metro est que personne n’est irremplaçable. Metro a de bons managers qui pourront aider sans problème Andreas Ohlson, le nouveau président directeur général de Metro Nordic. La personne a été bien choisie, elle a été chargée de plusieurs opérations.

tdp : Que pensez-vous de cette rumeur de reprise de Metro International par le groupe Schibsted ?

Christopher Rosenqvist : Cela pourrait bien arriver et ce n’est pas une mauvaise idée. Mais le cours des actions Metro International est très bas à l’heure actuelle et ce n’est pas un bon moment pour vendre la société. Metro le sait et je doute qu’il s’en défera maintenant. Pour les analystes financiers, c’est facile de monter en épingle les soucis financiers de Metro. Mais c’est une société fantastique basée sur un bon modèle économique à long terme. Il y aura toujours des périodes difficiles sur certains marchés, des changements dans la stratégie, des produits qui ne marchent pas, mais, ce que Metro a montré par le passé, c’est sa faculté à s’adapter, à cesser des produits si nécessaire et aussi à montrer des talents de management qui sont une force pour avancer. Les personnes autour de Pelle Törnberg lui sont très dévouées. Il est important de souligner qu’il a établi une sorte d’école de management avec sa façon de penser, de travailler. Cela va maintenant porter ses fruits.

tdp : Est-ce que le concept Metro commence à vieillir avec l’émergence de concurrents souvent très bien conçus ?

Christopher Rosenqvist : Metro continue à développer son concept sur diverses plates-formes. Je ne serais pas surpris d’entendre parler de projets en télévision locale par exemple. Le groupe a des ambitions sur Internet, la télévision mobile, etc. il est très ouvert et ne se cantonne pas seulement au journal imprimé. Le véritable concept de Metro est de communiquer avec une certaine audience, quelle que soit la plate-forme nécessaire. Cette dynamique d’innovations est sa force par rapport aux médias traditionnels. Metro ne s’est jamais imposé de limites dans ses activités et il est important d’avoir un état d’esprit s’adaptant sans problème à de nouvelles plates-formes.

tdp : Est-ce que les actionnaires continueront à supporter cette situation financière incertaine dans un contexte de compétition nouveau ?

Christopher Rosenqvist : Il faut regarder le long terme. Metro n’a que 12 ans. Ce n’est pas long pour ceux qui croient que ce concept repose sur un changement radical dans la façon de communiquer. Pour la plupart des nouvelles technologies, il faut attendre 10 ans avant de parvenir à un bilan positif. Le téléphone portable a mis 10 ans à devenir un objet de tous les jours. Il est peut-être plus important pour Metro d’être propriétaire du concept et de vendre des droits plutôt que de détenir seul toutes ses éditions internationales. Cela prend du temps et peut être risqué d’être seul sur chaque marché. Le groupe a déjà commencé à trouver de bons partenaires locaux, en France, au Canada ou à Hong Kong. Dans certains pays, Metro souhaite rester opérateur unique. Mais si vous voulez vous étendre et investir dans de nouvelles activités, cela coûte trop cher de développer seul et d’acquérir rapidement le savoir-faire nécessaire. Mais Metro en est bien conscient.

Page first published: 10.05.2007

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