Salle de rédaction
Rapport économique
Future Press
Extreme Study Tour
L’hyperlocal
Groupes d’utilisateurs
Rapport sur la drupa 2008
La Russie : une oppor ...
Une production é ...
Workflow mobile
Moteurs de recherche
Journalisme citoyen
Ressources humaines
Formats de journaux
Design
Qualité
Simple pour les annon ...
GRC
Nouveaux marchés
Radio-identification
Élaboration de scénarios
Web 2.0
Impression numérique
Réorganisation de la ...
Nouveaux médias
Workflow
L’Inde en ébullition
Salles d'éxpédition
Image de marque
Automatisation
Agences de presse
Encre & papier
Ifra - Where publishing lives
Envoyer cet article par e-mail Imprimer cet article Augmenter la taille de la police Diminuer la taille de la police

Les gratuits : le point de vue de Pelle Anderson pour 2006

Pelle Anderson

techniques de presse : Que va-t-il se passer, à votre avis, sur le marché des gratuits en 2006 ? Pensez-vous que le rythme soutenu des nouveaux lancements se poursuivra et quelle est la région du globe qui verra probablement le plus de nouveaux gratuits ?

Pelle Anderson : J’habite à Séoul en Corée du Sud et s’il existe un marché saturé au monde par les gratuits, c’est indubitablement cette ville. Non seulement nous avons Metro, mais aussi AM7, Focus et Zoom, tous distribués dans le métro et dans la rue. J’ai également vu des gratuits économiques et sportifs distribués dans la rue. L’année dernière, les gratuits sont devenus la norme dans plusieurs pays au monde. L’expansion se poursuit. Quelques exemples :

> Le gratuit 20 Minutos a dépassé El País et est devenu le plus grand journal espagnol. 20 Minutos a 2 298 000 de lecteurs quotidiens alors que El País n’en compte que 2 048 000. Après El País, il y a encore deux gratuits Que! et Metro. En cinquième position, nous retrouvons un journal payant : El Mundo.

> A Dublin en Irlande, Metro a lancé la toute dernière édition internationale le 10 octobre 2005. Il s’agit d’une joint venture entre Metro International, Irish Times et Associated Newspapers (ce dernier publie le London Metro). Metro a maintenant 60 éditions différentes au monde.

> Le groupe suédois Bonnier a lancé le gratuit 5min à Riga en Lettonie le 22 août 2005.

> Le gratuit Kaupunkilehti Vartti publié par le groupe Sanoma a commencé à sortir cinq éditions le lundi et le jeudi avec un tirage total de 460 000 exemplaires. Il est distribué par la poste suédoise à Helsinki et aux alentours.

> City AM a démarré un gratuit économique à Londres le 5 septembre 2005. Jens Thorpe, qui vient de Metro International, est le directeur de cette société.

> Le groupe suisse Ringier a lancé un nouveau gratuit à Prague le 28 novembre 2005, appelé 24 Hodin (24 Heures). Il est en format berlinois et comporte des actualités locales, des informations sur la technologie et les sports. Ringier souhaite également introduire le journal en Slovaquie, Roumanie et Serbie.

> En Suède, Metro poursuit son expansion dans plusieurs petites villes du pays, obligeant les quotidiens locaux et régionaux à défendre leur territoire.

Les gratuits continueront sur leur lancée en 2006 au grand dam des quotidiens payants :

> Aux Etats-Unis, Philip Anschutz, conservateur religieux et milliardaire, propriétaire de San Fransisco Examiner, se prépare à lancer une série de gratuits. Examiner est maintenant une marque déposée dans une soixantaine de villes américaines. Il débutera avec Baltimore Examiner en 2006. Coup de théâtre : le journal sera livré dans les foyers des gens aisés, dédaignant ainsi les navetteurs.

> L’éditeur norvégien Schibstedt répand son gratuit 20 Minuten dans toute l’Allemagne et espère gagner davantage de lecteurs pendant la coupe de monde de football en 2006.

> A Paris, Le Monde pense à lancer un gratuit économique diffusé à 200 000 exemplaires.

En conclusion, la migration des lecteurs et annonceurs vers les gratuits se poursuivra en 2006. Mais le plus grand impact sur l’industrie dans son ensemble n’est pas le fait que les quotidiens payants vont continuer à perdre leur part de gâteau publicitaire, mais que le prix d’une annonce va baisser. Avec en plus les sites Internet contenant des annonces classées, comme craigslist.com, la fin du cauchemar n’est pas en vue : la baisse des revenus publicitaires se poursuivra. Lancer son propre gratuit pour contrer un concurrent peut créer davantage de problèmes au journal traditionnel, cannibalisant aussi bien son marché de lecteurs que son marché publicitaire, et donnant l’impression de donner pour rien une marque respectable. C’est vraiment un cercle vicieux.

D’un autre côté, il n’est pas certain non plus que les nouveaux gratuits parviennent à gagner de l’argent. Les lancements qui ont suivi Metro Stockholm, le journal dont j’étais le co-fondateur en 1995, se sont révélés moins rentables. Les analystes qui suivent l’évolution de Metro International ont déclaré que 2005 est une année perdue pour les investisseurs et il est clair que les actionnaires commencent à perdre patience.

Le groupe suédois Bonnier continue d’enregistrer de sérieuses pertes avec son gratuit City à Stockholm malgré un lectorat important. Schibstedt investit beaucoup de couronnes norvégiennes dans son 20 Minutes européen élargissant la couverture à la France, l’Espagne, la Suisse, mais combien de temps vont-ils encore tenir ? Si l’avenir est instable pour les journaux traditionnels, il l’est tout autant pour les nouveaux venus.

A long terme cependant, la controverse entre journaux gratuits et payants est basée sur une approche différente du média imprimé. Et ce n’est pas cette approche différente qui compte mais comment l’industrie de la presse parviendra à fidéliser ses lecteurs dans un monde où Internet, la télévision, les réseaux locaux, les PDA, les téléphones mobiles et les ipods se recoupent dans un environnement large bande sans fil. Et les journaux ? Et bien, nous aurons toujours besoin de tapettes à mouches.

Page first published: 13.12.2005

Try IFRA Magazine ePaper today!IFRA Directories 2009