Bruno Hocquart de Turtot sur la situation en France
Bruno Hocquart de Turtot,
Directeur général du Syndicat de la presse régionale (SPQR)
Le 2 novembre dernier, après 18 mois de négociation, les éditeurs de la presse régionale ont signé avec les syndicats un accord portant sur la réorganisation des métiers techniques. L’accord porte principalement sur les métiers du prépresse. De 1200 à 1500 postes pourraient être supprimés d’ici trois ans sur un total de 18000 salariés employés en presse régionale.
techniques de presse : Sur quoi porte cet accord signé avec les syndicats ?
Bruno Hocquart de Turtot : Certaines fonctions techniques que nous connaissions traditionnel
tdp : Pourquoi sommes-
Bruno Hocquart de Turtot : Cette démarche nationale se distingue effectivement des situations que l’on trouve à l’étranger. Les pouvoirs publics français nous accompagnent en finançant une partie de ces départs (départs à la retraite anticipée par exemple). Mais ils ont en contrepartie de cette aide l’exigence d’une profession unie d’où ces accords nationaux. Evidemment, ensuite, chaque entreprise va décliner ces mesures en fonction de ses besoins. Cependant, les grands principes et les modalités du plan sont arrêtés pour l’ensemble de la presse régionale.
tdp : Toutes les entreprises sont-
Bruno Hocquart de Turtot : Une dizaine de titres sur les 60 entreprises de presse concernées n’auront peut-
tdp : La presse parisienne est également concernée par cette réorganisation des personnels techniques. Elle a choisi une voie particulière en acceptant la création d’un nouveau métier : éditeur réalisateur. En presse régionale, vous refusez catégoriquement la création de cette fonction ?
Bruno Hocquart de Turtot : En presse parisienne, d’anciens personnels techniques sont intégrés dans les rédactions pour contribuer à des tâches rédactionnelles. En échange de cette concession des éditeurs, les syndicats ont accepté la suppression d’environ 600 emplois. Nous sommes opposés à la création de cette fonction en PQR. Lorsqu’il y aura des intégrations de salariés prépresse au sein des équipes rédactionnelles nous ne souhaitons pas qu’ils interviennent sur le contenu.
tdp : Les rédactions sont-
Bruno Hocquart de Turtot : Les rédactions ne sont pas concernées. Les négociations portent seulement sur les étapes techniques. Les rédactions sont plutôt amenées à accroître leurs effectifs du fait de l’augmentation de leurs responsabilités dans la réalisation du journal. Les journalistes sont aujourd’hui plus polyvalents dans leurs fonctions. L’avantage est qu’ils ont aussi gagné une meilleure maîtrise du produit final.
Pour le moment nous notons peu de recrutements et les opérations de diversification sont souvent menées en s’appuyant sur les ressources internes. Nous devons sortir de cette organisation de travail archaïque avant d’accroître éventuellement les effectifs.
tdp : Avez-
Bruno Hocquart de Turtot : La situation générale est différente. Il est indispensable d’aboutir rapidement si nous voulons rétablir les grands équilibres d’exploitation dans une situation où la diffusion est globalement en baisse, la publicité stagne et où nous devons préparer l’avenir.
La démarche diffère aussi car nous parlons de réorganisation des métiers. Avant, chacun travaillait à l’intérieur d’un métier, maintenant on parle de nouvelles communautés professionnelles. Typiquement, regardez la polyvalence demandée aux journalistes.
Page first published: 14.02.2006


